La Grande Boucle

J’ai eu une illumination que je meurs d’envie de vous partager. Je pense fortement qu’elle conclurait de belle manière mon essai. Celle-ci m’est apparue soudainement comme une indescriptible intuition que je vais tout de même prendre soin de vous expliquer dans les lignes qui suivent. Il est tout d’abord important de rappeler que cette inspiration ne me serait sans doute jamais venu à l’esprit sans la démarche volontaire du perpétuel travail sur Soi que j’ai intégrée dans mon processus d’individuation. Ce développement personnel comme nous l’avons longuement constaté, nous ouvre des nouveaux horizons permettant un enrichissement humain à travers la Connaissance. La Connaissance est atteinte uniquement par la volonté d’accomplissement de l’individu. Elle est différente de l’Information qui est souvent modifiée ou arrangée, dissimulant le savoir réel. La Connaissance nous mène vers la Vérité tandis que l’Information, figure de proue de notre société , nous en éloigne. La quête du savoir du Soi est sous-jacente à la Connaissance.Et l’homme de Connaissance s’est efforcé d’interpréter notre existence, à travers les sciences humaines, sociales, mathématiques, physiques ainsi que l’Art. Cependant, parmi ces hommes, certains avaient un souci plus grand qu’interpréter ce que nous sommes capable de voir et sentir. Ils se sont sentis investis, dès lors, d’une ”mission” personnelle qui avait pour objectif de rétablir la Vérité sur des sujets passionnants, pour eux, ignorés et effrayants, pour d’autres. Leurs travaux se basaient sur d’inimaginables hypothèses et interrogations qui étaient pour, la plupart de ces hommes, la base de leur long développement personnel. Rétablir la Vérité, aussi bien en faveur de leur individualité que de l’humanité, devint un but noble et premier:

Ainsi de leur vivant,

Galilée voulait dépasser les limites de la perception terrestre.
Newton était guidé par les lois de l’attraction.
Nietzsche prônait que l’existence humaine se résumait à l’Éternel Retour.
Jung et Pauli intégraient matière et psyché dans un même ensemble, l’Unus Mundus.
Darwin sentait et comprenait la Nature mieux que quiconque, d’où la fameuse théorie de l’évolution.
La Théorie de la Relativité d’Einstein, intrigué par l’espace et le temps, continue à bouleverser le monde.

Pour ma part, ma passion pour la condition humaine m’a guidé vers cette fameuse illumination qui, à mon sens, n’est pas qu’une simple hypothèse mais bien une théorie à valider et à partager. Pour la démontrer, nous allons nous appuyer d’un coté sur la Connaissance, issue des travaux et théories de nos prédécesseurs, et de l’autre sur notre imagination systémique.

En cours de biologie, nous apprenons que la cellule est l’origine de la Vie et donc le constituant principal des organes de tout espèce vivante. Nous apprenions également que la cellule n’est rien d’autre qu’une composition moléculaire. Dans le même temps, nous apprenions en cours de sciences physiques que la molécule est la composition multiple d’un élément infiniment petit: l’atome. Et que l’atome est lui-même composé de de protons, neutrons et électrons (On est dans le droit de se demander si il n’existe pas d’éléments encore plus petits?).

Dire alors qu’un organe est un composé d’une multitude de cellules revient à le définir en tant que station d’accueil d’une population cellulaire. Dire alors qu’une cellule est un composé de molécules revient à la déterminer en tant que station d’accueil d’une population moléculaire. Ainsi en suivant ce raisonnement intuitif, nous constatons qu’il existe de la vie en tout ensemble vivant (i.e espèce vivante). C’est l’idée directrice de notre théorie. La vie dans la vie ou la théorie de la vie récursive.

D’ailleurs la théorie des ensembles, discipline des mathématiques, a défini et admis un concept similaire avec l’Axiome de fondation, introduit par John Von Neumann. Cet axiome est défini comme suit :


Tout ensemble x non vide possède un élément minimal pour l’appartenance sur x, soit un élément y n’ayant aucun élément en commun avec x :

∀x[x ≠ ∅ ⇒ ∃y(y ∈ x et y ∩ x = ∅)].

Si nous regardons alors au-delà de l’espèce terrestre, l’axiome reste vérifié. En effet, en rassemblant toutes les points précédemment énoncés, qu’est-ce qui nous empêcherait de voir la Terre comme une grande cellule (ou organe) d’un corps infiniment plus grand? Il est évident pour l’homme du 21ème siècle, que notre population est un ensemble faisant partie intégrante de la Terre (du moins en surface),sous-ensemble du système solaire, qui lui fait partie de l’Univers et ainsi de suite…

Replaçons nous dorénavant à l’échelle humaine. L’homme de Connaissance a inventé des outils rendant possible l’exploration de la vie à l’échelle microscopique (cellules/atomes) aussi bien que macroscopique(espace/Univers). Grâce à de tels outils, les scientifiques ont déduit que nos métamorphoses physiologiques et mentales dépendent de la mutation de nos propres cellules. Ceci prouve que les différetes zones de notre corps dépendent de la vie des cellules qui les constituent. Cette idée est très bien représentée dans le dessin animé, éducatif, des années 80, Il était une fois…la Vie[1] qui revisite le fonctionnement du corps humain en revisitant de manière originale la vie des différentes cellules qui y résident. D’un autre coté, les outils télescopiques et spatiales ont permis de conclure que la formation de l’Univers n’est autre que le début de la Vie (Voyons le Big Bang comme la mutation d’une cellule).

La biologie nous a également appris que nos cellules transmettent et transforment l’information via des systèmes de communication et des dispositifs complexes(cf. formation de l’ADN via l’ARN messager par exemple) qui sont, avec du recul, semblables à nos réseaux informatiques. Le biochimiste Michael Denton définit en détail cette complexité cellulaire dans son livre Evolution: A Theory in Crisis. Ce livre, qui a subi de nombreuses controverses, déclare que le ‘’dessein ’‘ évolutif est l’essence de la Nature. En d’autres termes, toute forme de vie a une volonté de systématiser et de s’organiser autour d’un cadre évolutif. Selon moi, ce concept a le mérite d’éclaircir les zones d’ombres hasardeuses que le Darwinisme ne pouvait expliquer. Cette théorie évolutionniste est d’autant plus intéressante qu’elle démontre que le besoin d’ordre et d’évolution pérenne existe aussi bien chez les cellules que chez l’homme.

Cependant, une question importante se pose: Si la vie d’une cellule est comparable à la vie d’un homme, pourquoi le cycle de maturation*** d’une cellule est considérablement plus rapide que celui de l’homme?

C’est ici qu’entre en scène la notion d’espace-temps d’Einstein. Cette notion nous indique que le temps n’est pas absolu, et ‘’varie’‘ selon le référentiel dans lequel se trouve l’observateur. C’est pour cela que lorsque un observateur humain voyage dans l’espace, le temps écoulé lui paraîtra plus lent que pour ceux qui sont restés sur la Terre. D’un référentiel à un autre, les formes et les sensations sont également perçues de manière différente. Ici les référentiels terrestre et spatial sont régis à des lois différentes*. En s’appuyant sur cette notion, les cellules du corps humain se situeraient dans un sous-référentiel du référentiel terrestre, différent donc de ce dernier. Il existerait alors une différence spatio-temporelle entre le monde cellulaire et le monde terrestre analogue à la différence spatio-temporelle existante entre le référentiel terrestre et le référentiel de l’espace. Le temps de maturation d’une cellule estimé entre 16 et 24 heures, dans le référentiel terrestre, pourait valoir à des années(ou une autre unité de mesure) dans le référentiel cellulaire. Nous pouvons aller plus encore loin. En admettant qu’une cellule serait dotée d’une ’‘conscience’‘, nous pouvons imaginer qu’elle n’aurait pas le sentiment de vivre dans une entité plus grande, qu’est le corps humain; excepté si celui-ci lui transmet des messages témoignant de sa présence.

Ces messages sont analogues aux messages que l’Univers transmet à l’homme : les catastrophes naturelles, le réchauffement climatique…sont des phénomènes en partie liés par l’activité de du cosmos et qui ont poussé l’humanité à l’interpréter et à s’y adapter, à travers la science, pour subsister et évoluer. Par Analogie, nous pouvons déduire que nos cellules modifient et adaptent leur mode de vie selon les phénomènes externes que nous leurs transmettons tels que notre alimentation, notre entretien physique, notre émotion, et notre pensée. Rappelons-nous que le chapitre ‘’Le respect du corps’‘ aborde l’influence qu’ont notre alimentation et notre entretien physique sur l’équilibre et la mutation physiologique. De plus, dans le chapitre « l’équilibre des sens », nous constatons l’influence qu’ont la pensée positive et la volonté du cœur sur notre équilibre psycho-émotionnel. Effectivement, l’individu qui exerce son esprit en se répétant les simples mots « je peux et j’y arriverai» présentera une plus grande résilience face aux obstacles de la vie. Effectivement, certaines cellules du cerveau et du cœur (neurones***) ont besoin d’être activés pour forger le mental et l’envie nécessaires à la réussite d’un projet, qu’il soit sportif, intellectuel ou spirituel.


Considérons maintenant les concepts philosophiques de l’Éternel Retour, repris par de nombreux philosophes, dont Nietzsche , et de l’Unus Mundus développé par le psychanalyste Carl Jung qui corroborent notre théorie de la vie récursive:

Carl Jung déterminait l’Unus Mundus comme un ensemble où matière et psyché cohabitent pour constituer une unité. La matière, interprétée par la physique quantique, et la psyché, explicitée par la psychologie analytique, seraient à la fois deux notions différentes mais complémentaires entre elles permettant de représenter de manière logique la Nature. L’Unus Mundus nous aide à comprendre que le hasard n’existe pas car tout phénomène est le fruit d’un rapport de cause à effet. Tout élément de l’univers est connecté formant une unité et j’aime penser que les différentes dimensions(i.e référentiels) de ce dernier sont contenus dans un simple et unique atome. Si cette hypothèse semble difficilement défendable pour certains, Max Planck, père de la physique quantique, l’a déjà vérifiée à travers ses expérimentations. À partir de ses travaux, on a pu déterminer que l’univers était, avant le Big Bang, contenu dans un corps 10-³³ plus petit qu’un grain de poussière, prouvant implicitement que nous étions tous connectés. Pour en avoir le cœur net, je vous invite à parcourir les travaux de Max Planck sur les photons (qui sont basés comme les cellules organiques sur l’émission d’électrons).

L’Éternel Retour est à la base une notion mésopotamienne et héraclitéenne présentant la Vie comme un éternel recommencement. Les Mésopotamiens définirent une sorte de de calendrier événementiel, précis et cyclique, qui se reproduirait infiniment tandis que Héraclite entendait par Éternel Retour que la ‘’substance demeure, seuls ses états changent’‘, et ’‘que rien ne se crée et que rien ne se détruit’‘. Ainsi, Héraclite suggère ’‘ le dépassement de ces contradictions en une harmonie’‘. Cette suggestion rejoint la notion de la Volonté de Puissance qui anime le Übermensch (Surhomme) de Nieztche. La Volonté de Puissance du Übermensch est une mission perpétuelle qui se traduit par la capacité à fonder et à actualiser, au quotidien, une harmonie vitale supérieure au nihilisme de l’Éternel Retour.

Pour résumer, la Vie subsiste sous différentes formes, dans différentes dimensions, dans différentes galaxies de l’Univers. Dans ce cycle infini, nous devons comprendre l’importance de l’humain qui est à la fois infiniment petit mais également infiniment grand pour accueillir un univers entier en soi. Réaliser que la Vie existe en nous et que nous avons de l’influence sur celle-ci nous apporterait une vision d’ordre divin. Et bien que je ne soutienne l’idée de l’existence d’un dieu religieux, le Self-Actualizer capable d’intégrer cette théorie de la vie récursive acceptera cette Vie en tant que mission divine pour son propre être. C’est la naissance du God Within, le Dieu Interne, l’état suprême de la Réalisation de Soi.

Références et Notes:

[1]: Le dessin animé Il était une fois… la Vie. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les créateurs de ce dessin animé ont créé également un dessin animé, Il était une fois…l’Espace, qui explique la formation de l’Univers.


[x]: C’est pour cela que nous ne pouvons, à priori, ressentir la rotation de la Terre tout comme l’espace ou le temps en tant qu’entité physique. Généralement, l’humanité n’est que très peu concernée par ce qu’elle ne peut, à priori, ressentir et percevoir. Tout phénomène étranger est souvent considéré comme paranormal (Ovni, Rêves, expérience dans l’au-delà) ou d’ordre divin.


[xx]: ici le cycle de maturation est le développement de la cellule qui précède la division de cette dernière en mitose


[xxx]: Saviez-vous que le cœur possède un sytème neuronal!? une communication donc possible avec le cerveau. Tout ceci est démontré dans l’exceptionnel documentaire BBC de David Briggs, Heart versus mind: what makes us human.

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